Organdi
culture,       création,       critique
#9 Archives

Organdi est de retour

par Matthieu Faullimmel

Dans l’entretien que nous accordé Jinkook Chung, critique d’art et traducteur, il pose ce qui pourrait être le préambule à ce neuvième numéro d’organdi : le besoin d’archive. Chercheur au sein du Group for People Without History de l’Université de Yougnam en Corée du Sud, il souligne pour la Corée contemporaine le manque de traces, le peu de restes de la vie du peuple, et du fait d’une modernisation cannibale, l’absence d’archives véritables. Il y a, dit-il, urgence à rassembler des matériaux bruts, photos, témoignages oraux, et aller dans les villages retrouver ce qui subsiste de la vie quotidienne avant le grand rush. C’est dans cette réalité que s’inscrit l’histoire des peuples. Il évoque les difficultés et les enjeux notamment politiques de ce travail de grande envergure et nous livre quelques photographies qu’il commente.

Dans d’autres pays que la Corée du Sud ont déjà été constitué d’importantes archives nationales et l’on se préoccupe des archives personnelles pour d’autres raisons. Lev Lafayette est doctorant au Ashworth Centre of Social Theory de l’Université de Melbourne (Australie) Il est également administrateur système pour le Victorian Partnership for Advanced Computing. Dans un article prospectif il s’interroge sur les usages futurs du stockage et de l’archivage d’information par les particuliers. Insistant sur leur technicité croissante il insiste sur la diversité et l’accessibilité des media, et émet l’hypothèse d’une disparité croissante entre usagers et techniciens.

Conservatrice à la Whitechapel Gallery de Londres et co-éditrice de FeedBack (London-Athens), Nayia Yiakoumaki s’interroge sur les nouvelles capacités de stockage dont nous disposons, et leurs conséquences dans le contexte de « fièvre d’archivage » identifié par Derrida. L’accès toujours plus large aux archives, en particulier, retient son attention : qui les lira, qui les interprètera, qui les modifiera ? Mausolées d’information, on peut à sa suite douter qu’elles garderont leur intégrité.

Archive Research Curator at the Whitechapel Gallery, London, and Co-Editor of FeedBack, London-Athens, Nayia Yiakoumaki asks about the new storage capacity available to us, and their consequences in what Derrida called an “Archive Fever”. The ever-widening access to the archives, in particular, holds her attention. The way it will be read, interpret and altered is her concern in this text. If archives create a mausoleum of information, we can doubt that they will keep their integrity.

Karen Ingham est docteur en philosophie, chercheur et maître assistant au Dynevor Centre for Art, Design and Technology du Swansea Institute, (Pays de Galle, U.K). Interdisciplinaire, elle s’interroge sur les limites et les risques spécifiques que font courir aux archives les nouvelles technologies digitales. Jetant un regard rétrospectif et documenté sur l’évolution de la relation entre archives et corps, elle met en lumière à travers différents exemples sa complexité et son hybridité croissante. Sa réflexion se déploie à la croisée de l’art, de la technologie et des biosciences.

Nous laissons aux romanciers et Doménico Chiappe et Andreas Meier le soin de clore ce numéro par une exploration d’une question morale. Si la mémoire est un besoin, qu’elle soit personnelle ou collective, elle ne peut se construire si son poids empêche de vivre. Cecilia, un des personnages du roman interactif Tierra de Extracción (www.newmedios.com/organdi/intro.htm), en est l’illustration. Nous en publions un extrait traduit par nos soins en anglais.

Bonne lecture, et merci pour votre soutien et vos commentaires Les éditeurs d’Organdi



© Matthieu Faullimmel / Organdi 2000-2007


Mail

Newsletter

Quelques mots sur nous

Conditions de publications

Admin
(accès réservé )


Imprimer cet article